Faux souvenirs induits en psychothérapie et fausse mémoire

 

Faux souvenirs: La Recherche internationale

La recherche universitaire en Belgique sur les faux souvenirs

- La recherche universitaire en Belgique sur les faux souvenirs est soutenue, plus spécialement à l'Université de Liège au Département de Psychologie: Cognition et comportement (Cognitive Psychology Unit). Nous connaissions déjà les travaux des Professeurs Serge Brédard et Martial van der Linden, mais une jeune enseignante Hedwige DEHON effectue un travail remarquable sur le sujet. Elle a publié de nombreux articles et présenté sur ce thème des conférences, même chez nous, à l'Ecole Nationale de la Magistrature à Paris en Décembre 2010. L'Université de Liège vient de publier, en août 2011 et en français, un dossier pour le grand public: «Faux et usage de faux souvenirs / Faux et forgé ». Vous le trouverez ...ici
La pression de la psychanalyse et des psychanalystes semble moins forte en Belgique que chez nous, ce qui donne une plus grande liberté pour entreprendre ces recherches.

Les souvenirs retrouvés d’agressions sexuelles infantiles sont-ils authentiques ?

Article publié dans "Psychotémoins" (CNRS-INIST), par Frank Arnould - 28/06/2007
Les souvenirs retrouvés d’agressions sexuelles infantiles sont-ils réels ou suggérés ?
L’étude présentée par Elke Geraerts et ses collaborateurs, dans un article paru dans Psychological Science (Geraerts, Schooler, Merckelbach, Jelicic, Hauer, & Ambadar, 2007) est une étape importante du débat...
Différence entre les souvenirs continus ou spontanés et les souvenirs retrouvés en Thérapie
...Des preuves confirmant les agressions sont trouvées dans 37 % des cas de souvenirs spontanés, et dans 45 % des cas de souvenirs continus (la différence n’est pas statistiquement significative). Aucune preuve n’a pu être trouvée pour corroborer les cas de souvenirs d’agressions retrouvées au cours d’une thérapie.

Cette étude indique qu’il est désormais nécessaire de distinguer les souvenirs d’agressions sexuelles retrouvés spontanément de ceux récupérés au cours d’une thérapie. Les premiers sont corroborés par des preuves externes aussi fréquemment que les souvenirs continus. Sans conclure définitivement que les souvenirs retrouvés en thérapie sont systématiquement faux, leur réalité serait plus souvent sujette à caution.

L'article à lire ici

 

Faux souvenirs: Les vrais et les faux souvenirs ne sont pas localisés au même endroit dans le cerveau.

L’ADIT* publie dans son Bulletin Electronique du 1er Septembre 2009, un travail de recherche intitulé : Faux-souvenirs, vraies impressions : la matière blanche nous joue des tours, dont voici un extrait :

"Une étude, issue de la collaboration de l'Instituto de Investigación Biomédica de Bellvitge (IDIBELL) et de l'Universidad de Barcelona, lève enfin le voile sur les zones cérébrales impliquées.... Ils ont ainsi découvert que les vrais souvenirs sont "localisés" dans la substance blanche reliant l'hippocampe et le para-hippocampe, alors que les faux-souvenirs sont "situés" dans la substance blanche reliant les structures frontaux-pariétales....

...Beaucoup reste encore à faire, mais cette découverte, publiée dans la fameuse revue "The Journal of Neuroscience", pourrait présenter nombre de perspectives d'applications intéressantes. Par exemple, le système judicaire pourrait vérifier si, bien que de bonne foi, un témoin ne raconte pas des faits réels, mais de faux-souvenirs. Dans un autre domaine, on pourrait également imaginer vérifier la véracité des aveux incestueux suite à une "thérapie de mémoire retrouvée" (ou TMR) délivrée par nombre de psychothérapeutes peu scrupuleux. En effet, s'appuyant sur un pseudo-freudisme, ils prétendent faire ressurgir à la mémoire des patients des "souvenirs refoulés" de traumatismes enfantins, généralement d'ordre sexuel, qui ne sont pourtant que de faux souvenirs sans réalité et qui, à l'image de la pièce de théâtre "Souvenirs fantômes" de Arnold Wesker, détruisent des familles entières."

Source :

- "Difference in True and False Memory Retrieval are related to white matter brain microstructure." - J.Neurosci. 2009 Jul.8; 29(27):8698-403.

* L’ADIT est l’Agence pour la Diffusion de l'Information Technologique, créée par l’Etat en 1992, devenue en 2003 Société Nationale. Au cœur d’un Etat stratège et partenaire du tissu économique, l’ADIT est le partenaire de confiance des décideurs français. Elle réalise les études de Prospective et de veille technologique mondiale au profit des acteurs économiques français, informe par ses publications, les ministères, les organismes de recherche, les élus etc…Un organisme sérieux et écouté qui débusque les faux souvenirs…une première en France.

le bulletin de l'ADIT:à lire ici

L'article (en anglais) à lire ici

* L’ADIT est l’Agence pour la Diffusion de l'Information Technologique, créée par l’Etat en 1992, devenue en 2003 Société Nationale. Au cœur d’un Etat stratège et partenaire du tissu économique, l’ADIT est le partenaire de confiance des décideurs français. Elle réalise les études de Prospective et de veille technologique mondiale au profit des acteurs économiques français, informe par ses publications, les Ministères, les organismes de recherche, les parlementaires et les élus etc...Un organisme sérieux et écouté qui débusque les faux souvenirs... Une première en France.

Nous sommes honorés que l’ADIT utilise pour ses synthèses des articles et des données publiés sur notre site.

Les travaux de Ken Paller à la NWU aux Etats-Unis

Les travaux de recherche de Ken Paller, de la Northwestern University (NWU) aux Etats-Unis,ont permis d'identifier, grâce à l'imagerie par résonance magnétique (IRM), les régions différentes du cerveau où sont localisées les souvenirs d'évènements réels et les régions où se situent les images fabriquées par l'imagination, les faux souvenirs.

Vous trouverez le texte de l'interview (traduit en français) de Ken Paller et d'Elisabeth Loftus de l'Université d'Irvine en Californie dans notre page "Recherche", ainsi que le document audio original en anglais (facile) Vous pourrez aussi faire le test de la NWU pour évaluer votre aptitude à générer de faux souvenirs.

L’ADIT* publie dans son Bulletin Electrnique du 1er Septembre 2009, une synthèse de travaux de recherche intitulée : "Faux-souvenirs, vraies impressions : la matière blanche nous joue des tours" :

« Abus sexuels pendant l'enfance ou enlèvement par les extraterrestres, le syndrome des faux souvenirs peut prendre de multiples formes, allant même jusqu'à l'aveu, lors d'interrogatoires, de faits dont on n'a pas la culpabilité. Le faux-souvenir est en fait le souvenir d'un élément qui ne s'est jamais produit, ou bien le souvenir altéré d'un évènement réel. Les sciences cognitives estiment que 30% des individus se remémorent de faux-souvenirs, mais les mécanismes mis en jeu sont très peu connus actuellement.

Les travaux de Ken Paller sur la mémoire et le cerveau  : Les travaux de recherche de Ken Paller, de la  Northwestern University, ont permis de localiser les  régions  du cerveau différentes, où sont localisées les souvenirs d'évènements réels et les régions où se situent les images générées par l'imagination, ce sont les faux souvenirs.

La base biologique des faux souvenirs est révélée
(Biological Basis for False Memories Revealed)

par Michelle Trudeau,  National Public Radio, News, le 23 octobre 2004
( transcription et traduction par Psyfmfrance )

Pour écouter l’original en anglais cliquer sur le lien

Les travaux de Ken Paller et de ses collègues, chercheurs au Department of Psychology and Multimedia Learning Center, de la  Northwestern University et le point de vue d’Elisabeth Loftus.

Ken Paller et ses collègues ont entrepris un travail de recherche pour identifier les parties du cerveau concernées par le souvenir d’un évènement réel et celles d’un évènement imaginé, appelé « faux souvenir ». Leur travail consiste à rechercher comment les souvenirs sont stockés puis plus tard récupérés. 

Ken Paller et ses collègues ont recruté des volontaires, qui ont reçu des instructions par téléphone alors qu’ils étaient allongés dans un scanner par résonance magnétique, qui produit des images de leur cerveau. On leur présente des mots et   des images d’objets sur un écran vidéo toutes les 4 secondes. Après certains mots, ils verront l’image de l’objet réel sur l’écran, mais après d’autres mots, ils verront un rectangle blanc, et pour ces mots on leur demande de visualiser cet objet et imaginer si cet objet est grand ou petit. 

Quand ils sortent du scanner on leur donne un test de mémoire qui leur présente les images qu’ils ont vues et les mêmes mots. Les participants sont priés de dire quelles images ont été appariées avec des mots et  celles qui ne l’ont pas été. Ils font quelques erreurs ou oublient certaines images mais, de façon plus intéressante parfois, ils disent avoir vu l’image d’un objet qu’ils ont seulement imaginée et qu’ils n’ont pas réellement vue sur l’écran. 

Ces faux souvenirs représentent environ un tiers des objets qu’ils ont seulement imaginés lorsqu’ils étaient à l’intérieur du scanner. Apparemment, ils ont fabriqué un souvenir de quelque chose qui ne s’est pas produit dans la réalité. Le scanner à résonance magnétique montre alors où ces faux souvenirs ont été produits dans le cerveau.
- Ken Paller : « Nous avons trouvé que l’activité du cerveau est localisées dans 3 régions que nous pensons faire partie des circuits qui génèrent l’imagerie de la vision, un circuit qui est central pour le rappel des images remémorées ou imaginées. ».
Ken Paller  a découvert quelque chose de plus : plus l’activité cérébrale dans ces régions est élevée et plus il est probable que des faux souvenirs seront générés. Par exemple, si vous voyez le mot « réfrigérateur » vous pouvez imaginer cet objet dans votre tête et décider que c’est un objet de grande taille. Quand vous faites cela, vous activez un ensemble de  régions de votre cerveau impliquées dans la génération dans le cerveau d’images très visuelles, qui, de façon erronée, vont vous faire souvenir  que vous avez vu le réfrigérateur auparavant, même si cela n’a pas été le cas.

La psychologue Elisabeth Loftus de l’Université Irvine en Californie est l’une des pionnières dans le domaine des recherches sur la mémoire.
- E. Loftus : « J’ai travaillé sur les faux souvenirs depuis longtemps, je sais que des gens  font parfois confiance à leurs faux souvenirs, donnent des détails, et même parfois sont émus par leurs faux souvenirs. »
Cette nouvelle recherche sur l’imagerie cérébrale révèle la base biologique des faux souvenirs. 
- E. Loftus : «  Apprendre ainsi qu’il y aurait une activité cérébrale qui peut vous conduire à prévoir qu’une personne pourrait avoir de faux souvenirs d’un évènement, je pense que c’est un excitant complément pour l’ensemble du domaine des faux souvenirs. »


Le chercheur Ken Paller pense que la raison pour laquelle nous nous souvenons si fortement d’objets imaginés comme de quelque chose que nous avons vraiment vu, vient de ce que la région du cerveau liée à l’imagination visuelle recouvre en partie celle de la perception visuelle.
- K. Paller : « Et c’est donc ce recouvrement de la région de l’imagerie avec celle de la perception qui rend particulièrement difficile de se souvenir plus tard si on vraiment vu cette chose ou si on l’a seulement imaginée. »
Le chercheur affirme qu’il est prématuré d’utiliser cette recherche dans une situation du monde réel pour discerner par exemple la validité du témoignage d’un témoin oculaire. Mais l’étude donne la preuve que les distorsions de la mémoire et les faux souvenirs sont une part fondamentale et normale de la façon dont travaille notre mémoire.
Michelle Trudeau, National Public Radio, News

Le test d’aptitude à la génération de faux souvenirs


Vous pouvez vous-même faire le test  en vous connectant à l’adresse sur le site de la Nothwestern University :
http://www.mmlc.northwestern.edu/external/paller/memory-demo_content.html

Note
Le test est en anglais relativement simple, et vous pouvez recommencer autant de fois que vous le voudrez. Le résultat vous est donné à la fin du test. Vous pourrez ainsi évaluer votre aptitude à générer des faux souvenirs.
 « Have fun ! » : Amusez vous bien !

 

Faux souvenirs: La recherche fait reculer les faux souvenirs

Le syndrome des faux souvenirs aux États-Unis s’est développé de façon spectaculaire de 1985 à 2000 puis a fortement régressé. On peut se demander ce qui a provoqué ce reflux brutal.

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Le graphique ci-contre représente l’évolution du nombre de cas par an sur un échantillon de 1440 adhérents de la FMFS, qui ont participé à l’enquête.


La FMFS a soutenu des dizaines d’équipes universitaires de recherche sur le sujet.

Des chercheurs comme E. Loftus, E. Kandel (Prix Nobel pour ses travaux sur la mémoire à court terme et à long terme), R. Ofshe, M. Pendergrast, R.J.McNally, D. L. Schacter ...ont fait avancer de façon significative les connaissances dans ce domaine. Le graphique ci-contre montre l'effort de recherche illustré par le nombre de publications aux États-Unis.

En France, la recherche sur le phénomène des faux souvenirs induits a du mal à démarrer.

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Enfin, la FMSF a entrepris des campagnes d’information vers les médecins, les thérapeutes, les juges, les médias et le grand public. Plus personne aux États-Unis n'ignore le « Syndrome des faux souvenirs » et les thérapeutes sont devenus très prudents.
Des procès à l'encontre de thérapeutes intentés par des victimes et gagnés ont enfin stoppé l'épidémie.

Tout ceci a contribué à cette régression du phénomène.